jeudi 19 janvier 2012

25ème Repaire berrichon : Paysans !



Amis AMG d'ici et d'ailleurs bonjour,

La prochaine rencontre du Repaire berrichon, aura lieu exceptionnellement le quatrième jeudi du mois de janvier. Ce jeudi 26 janvier 2012 à 19h30 au Bistrot le Guet-apens à Pigny (10 km au Nord de Bourges direction Henrichemont), la Confédération paysanne tiendra tribune !

Paysans ! Paysannes ! Le 1er Café-Paysan aura donc lieu en plein hiver ! Au Repaire berrichon, nous parlerons de notre Terre, de pourquoi et comment il faut soutenir notre monde paysan en échangeant entre producteurs et consommateurs. Car le monde a besoin de tous ses paysans !

photo Jean Frémiot, de la Thérapéia comme technique de soi

J'ajoute au sujet de ce Repaire de janvier une problématique de dernière minute qui vient juste de me parvenir. Cette information émane du collectif Berry vigilance radioactivité (CBVR). Elle ne me semble pas si éloignée du sujet principal de cette rencontre. Il est encore question de l'occupation des terres à tout autre chose que leur destination première... Nous en débattrons certainement.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------

communiqué du CBVR :

Nous sommes des citoyens du Berry (Lignières et ses environs) inquiets des dispositions prises, sans concertation auprès des populations, concernant le projet de site national d’entreposage de déchets militaires radioactifs à Neuvy-Pailloux. (34 km de Lignières).

Ce Centre National a pour vocation de rassembler les déchets nucléaires d’une trentaine de sites français. Nous nous posons des questions sur les conséquences environnementales et sanitaires , notamment en ce qui concerne :
-la dispersion atmosphérique (majoritairement vent d’Ouest)
-la dispersion hydrogéologique (contigüité du bassin Indre- cher)
-le risque lié au transport de ses déchets, qui transiteront par nos communes (31 camions sont déjà prévu pour vider le site de Saint-Priest)

Nous nous inquiétons sachant que le rapport d’enquête publique précise que « le tritium .H3, le krypton 85, le radon 222 et ses descendants émis dans l’environnement lors de l’ouverture des futs ne sont pas filtrables » Quelles seront les conséquences sur la filière agricole et sur notre santé ? Et a fortiori, quelles seront -elles en cas d’accident ou d‘acte malveillant ?

Il nous apparait urgent :
- d’informer la population
- de se mobiliser en soutien à l’Association Citoyenne Contre le Stockage Radioactif à Neuvy-Pailloux
-de connaître la position des maires de nos communes et des différents représentants politiques du Cher (députés…)
Nous souhaitons proposer une rencontre entre les habitants se sentant concernés afin d’échanger sur ce thème. A cette occasion, des intervenants mobilisés sur ce projet seront présents notamment le Collectif Citoyen pour les Alternatives Nucléaires (CCAN).

En PJ, vous trouverez la lettre adressée aux maires du cher. Ce fichier peut être imprimé et remis en main propre par les habitants des différentes communes aux conseillers municipaux afin d’appuyer la demande de prise de position quant à l’installation d’un centre national de tri et d’entreposage de matériel militaire contenant des radionucléides sur Neuvy-Pailloux.

informations : collectif.bvr@gmail.com et http://cbvr.over-blog.com

Réunion publique en mairie de Lignières, salle n°1, jeudi 26 janvier à 20h.

Merci de largement diffuser cette information autour de vous

--------------------------------------------------------------------------------------------------------

sur la Confédération paysanne : http://www.confederationpaysanne.fr/

La Confédération paysanne est, par son importance, le 2ème syndicat agricole français. Elle remet en cause le modèle agricole productiviste des 4O dernières années qui a engendré : surproductions, crises sanitaires, dégradation des ressources naturelles disparités entre régions françaises, européennes et mondiales et diminution continue du nombre de paysans.
sur la FADEAR : http://www.fadear.org/

La Fédération Associative pour le Développement de l'Emploi Agricole et Rural a été créée à l'initiative de paysans défendant une agriculture paysanne, plus économe, plus autonome et respectueuse de l'environnement. La FADEAR et ses 60 structures locales ont orienté leurs activités vers la formation des responsables agricoles, le développement de l'agriculture paysanne et l'accompagnement des porteurs de projets en milieu rural. Pour ce faire, le réseau FADEAR s'appuie sur la charte de l'agriculture paysanne comme outil d'aide à la décision et d'évaluation des exploitations.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------

sur le "Café Repaire berrichon" :
http://caferepaireberrichon.blogspot.com/

sur l'émission "Là bas si j'y suis" :
http://www.la-bas.org/

dimanche 11 décembre 2011

24ème Repaire berrichon : "La dette"



Amis AMG d'ici et d'ailleurs bonjour,

La prochaine rencontre du Repaire berrichon, aura lieu le jeudi 15 décembre à 19h au Bistrot le Guet-apens à Pigny (10 km au Nord de Bourges direction Henrichemont). Nous recevrons Ana Sailland qui nous fera partager sa vision chamanique du capitalisme.

Ana Sailland vit en pleine nature en Haute Savoie, proche des fées, des gnomes, des biches et des sangliers. Adepte du chamanisme modeste et de cyclisme intensif, elle enseigna longtemps les mathématiques à l'école d'ingénieurs de Genève.

Ana Sailland, sous l'angle des caméras lors de sa dernière apparition publique
au Printemps de Bourges dernier
Photo : Jean Frémiot


Elle vient à Pigny pour dépeindre l’ahurissante illégitimité de la dette, puis suggérer quelques solutions à la portée de la citoyenneté, hors toute hiérarchie. Elle prône la transmutation de l'organisation humaine depuis le société du troc jusqu'à la civilisation du don. "L’amateur est expert en passion" dit-elle.

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Il sera donc question de la dette. Et pour en savoir un peu plus, je vous propose quelques éléments pour nourrir la discussion :

- "Pourquoi la dette n'est pas le véritable problème" sur agoravox.fr (Dommage qu'il n'y est pas de signature à cet article, il est très claire.) :
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/pourquoi-la-dette-n-est-pas-le-100634

- Un article de Marianne2.net sur "comment les financiers nous baladent" avec un entretien d'Etienne Chouard dont les propos sont tout à fait claires. Article de SuperNo
http://www.superno.com/blog/2011/12/la-dette-pour-les-nuls/): http://www.marianne2.fr/Dette-comment-les-financiers-nous-baladent_a213087.html

- "Mobilisation pour un audit citoyen de la dette publique !" du Collectif pour un audit citoyen de la dette publique. Parce qu'il y a un moment il faut bien se sortir les doigts du c... :
http://www.audit-citoyen.org/

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

sur le "Café Repaire berrichon" :
http://caferepaireberrichon.blogspot.com/

sur l'émission "Là bas si j'y suis" :
http://www.la-bas.org/

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

contact Café Repaire berrichon :
Jean Frémiot
09 51 04 07 74
jf@jeanfremiot.fr
http://caferepaireberrichon.blogspot.com/


vendredi 4 novembre 2011

23ème Café Repaire Berrichon - Le syndicalisme est-il mort ?



Amis AMG d'ici et d'ailleurs bonjour,

La prochaine rencontre du Repaire berrichon, aura lieu le jeudi 17 novembre à 19h au Bistrot le Guet-apens à Pigny (10 km au Nord de Bourges direction Henrichemont). Nous traiterons de la question du syndicalisme aujourd'hui en France, grâce à Stéphane de manière joyeuse et en chanson.

Nous inaugurerons aussi l'exposition des photographies que Loïc Touzet a réalisées lors des dernières manifestations contre la réforme sur les retraites. Et, vu que nous fêterons aussi l'arrivée du vin nouveau (pour ne pas citer de nom), je pense que la soirée devrait être festive...

Photo : Loïc Touzet

Enfin, si l'avion de Jean ne s'est pas abîmé dans l'Atlantique Nord, il devrait pouvoir nous proposer une petite projection d'images des indignés de Wall Street.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

sur le travail de Loïc Touzet :
http://loictouzet.blogspot.com/

sur Les Grandes Bouches :
http://www.myspace.com/lesgrandesbouches
http://lesgrandesbouches.free.fr/tech.html

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

sur le "Café Repaire berrichon" :
http://caferepaireberrichon.blogspot.com/

sur l'émission "Là bas si j'y suis" :
http://www.la-bas.org/

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

contact Repaire berrichon :
Jean Frémiot
09 51 04 07 74
jf@jeanfremiot.fr
http://caferepaireberrichon.blogspot.com/

23ème Café Repaire Berrichon - Le syndicalisme est-il mort ?

«Que peuvent les lois là où ne règne que l’argent»
Pétrone (Satiricon)


Le syndicalisme est-il mort ?

Les syndicats sont les organisations de base des travailleurs. Pourtant, depuis les années quatre-vingt, les syndicats ont connu un net recul des adhésions. Ils ont connu des divisions de plus en plus grandes entres les confédérations sur les modalités d’action ou de négociation. Ils ont surtout connu un changement de nature au cours du siècle passé. En effet, sept syndicats (la CGT, FO, l’UNSA, l’Union syndicale Solidaire, la CNT, la FGAAC et la FSU) se revendiquent de la Charte d’Amiens, texte fondateur d’un syndicalisme « à la française ».
Le syndicalisme révolutionnaire place la lutte comme principal et quasiment unique levier d’amélioration de la condition ouvrière et salariale. Par opposition le syndicalisme réformiste pense que la négociation constitue le meilleur des leviers pour aboutir aux mêmes résultats.

Depuis quelques années, les conflits sociaux n’ont pas manqué. Les manifestations ont attirés des millions de personnes dans la rue. La raideur dans la négociation des gouvernants actuels est telle, les résultats de ces négociations sont si maigres, que pour beaucoup « faire la grève » ne sert plus à rien.
Résignation, pari politique… Les motifs ne manquent plus pour ne pas relever le défi.

Oui mais… Pas un jour ne se passe sans que l’information ne nous apporte son lot de mauvais présages concernant la situation économique. C’est un peu comme si les décideurs préparaient les opinions publiques à des sacrifices comparables à ceux qui sont exigés du peuple grec.
Notre jovial premier Ministre a même lancé l’idée, pour le moins éculée, d’un alignement avec nos voisins allemands sur tous les domaines de la sphère fiscale et sociale, préconisant au passage un nouveau recul en matière de droit à la retraite.
Dans le même tempo, l’Union Européenne s’apprête à réduire de manière drastique le programme d’aide aux plus démunis alors qu’en France, notamment, une récente étude de l’INSEE fait état d’un développement inquiétant de la pauvreté et des inégalités.
Rares sont les voix, expertes ou politiques, qui proposent d’autres voies plus radicales pour sortir du bourbier dans lequel les requins de la finance nous ont jetés. Celles-ci sont promptement disqualifiées par les théoriciens de l’impossible : hors le marché, point de salut !
Ledit marché continue de tirer les ficelles et les pantins désarticulés qui se réuniront prochainement pour le G20 continueront de nous saouler de leurs beaux discours et engagements sincères sans pour autant prendre les décisions nécessaires au règlement de la crise financière qui secoue la planète.
Le marché exige et impose, au travers de ses bras armés, les agences de notation, un recul des droits sociaux sous prétexte d’un retour aux indispensables équilibres budgétaires.
Mais ces officines vont encore plus loin : la récente dégradation de la note de la dette souveraine italienne est notamment justifiée par une certaine instabilité politique !
Non contente de peser sur les choix budgétaires et économiques des états, la «finance» vient maintenant mettre son grain de sel pour remettre en cause les choix démocratiques des citoyens.
Constatons par ailleurs que trop de nos hommes politiques ne sont pas seulement proches des milieux d’affaires, mais également du milieu tout court. L’addiction à l’argent sale s’ajoute à celle du marché. Le livre du journaliste d’investigation, connu et reconnu, Pierre Péan, lève un voile cru sur les méthodes de notre personnel politique dans un microcosme où se mêlent barbouzes et voyous.
In fine, on s’aperçoit que la vie politique hexagonale ne s’appuie plus sur le fruit du processus démocratique mais obéit aux ordres d’intervenants extérieurs peu recommandables.
Le propos n’est pas ici de suggérer un rejet des urnes, mais bien de pointer le fait que ce processus démocratique est orphelin sans l’intervention directe des citoyens dans tous les domaines où se joue leur avenir commun.
Au moment où nous sommes, certains pensent encore que notre salut de salariés, de retraités, de chômeurs, de précaires ne passe que par ces urnes. Pour la plupart des syndicats dits « révolutionnaires », ils estiment que le monde du travail, sacrifié sur l’autel de la crise, doit se manifester et manifester sans attendre les échéances électorales de 2012, pour imposer les autres choix possibles.

Si l’on parle de mort du syndicalisme, la question fondamentale qu’il convient à chacun de se poser est celle-ci : la lutte est-elle vaine ? Par la négociation et/ou par la grève ?

23ème Café Repaire Berrichon - Charte d'Amiens

Charte d’Amiens

Le Congrès confédéral d'Amiens confirme l'article 2 constitutif de la Confédération Générale
du Travail, disant : « La Confédération Générale du Travail groupe, en dehors de toute école
politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et
du patronat. »

Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classe qui
oppose sur le terrain économique les travailleurs en révolte contre toutes les formes
d'exploitation et d'oppression, tant matérielles que morales, mises en œuvre par la classe
capitaliste contre la classe ouvrière ;

Le Congrès précise, par les points suivants, cette affirmation théorique :

Dans l'œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts
ouvriers, l'accroissement du mieux être des travailleurs par la réalisation d'améliorations
immédiates, telles que la diminution des heures de travail, l'augmentation des salaires, etc.
Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'œuvre du syndicalisme ; il prépare l'émancipation
intégrale qui ne peut se réaliser que par l'expropriation capitaliste ; il préconise comme moyen
d'action la grève générale et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de
résistance, sera, dans l'avenir, le groupe de production et de répartition, base de la
réorganisation sociale ;

Le Congrès déclare que cette double besogne quotidienne et d'avenir découle de la situation
des salariés qui pèse sur la classe ouvrière et qui fait à tous les travailleurs, quelles que soient
leurs opinions ou leurs tendances politiques ou philosophiques, un devoir d'appartenir au
groupement essentiel qu'est le syndicat ;

Comme conséquence, en ce qui concerne les individus, le Congrès affirme l'entière liberté
pour le syndiqué de participer en dehors du groupement corporatif à telles formes de lutte
correspondant à sa conception philosophique ou politique, se bornant à lui demander, en
réciprocité, de ne pas introduire dans le syndicat les opinions qu'il professe au dehors ;

En ce qui concerne les organisations, le Congrès déclare qu'afin que le syndicalisme atteigne
son maximum d'effet, l'action économique doit s'exercer directement contre le patronat, les
organisations confédérées n'ayant pas, en tant que groupements syndicaux, à se préoccuper
des partis et des sectes qui, en dehors et à côté, peuvent poursuivre, en toute liberté, la
transformation sociale.

samedi 15 octobre 2011

Annonce du 22ème Café Repaire Berrichon

Photo : Loic Touzet

Amis AMG d'ici et d'ailleurs bonjour,

La prochaine rencontre du Repaire berrichon, aura lieu le jeudi 20 octobre à 19h au Bistrot le Guet-apens à Pigny (10 km au Nord de Bourges direction Henrichemont). Je le rappelle à nouveau pour ceux qui ne l'aurait pas bien noté, les rencontres du Repaire berrichon ont toujours lieu le troisième jeudi du mois.

Pour repartir du Guet-apens avec plus de questions que de réponses, cette 22 ème rencontre sera consacrée aux problématiques des techniques de l'information, du temps et de notre appréhension de celui-ci. Car on peut avoir le sentiment de vivre dans un monde gouverné par une technologie de l'internet qui va plusieurs millions de fois plus vite que notre cerveau. Mais le temps n'est pas la vitesse. Le temps n'a pas de vitesse. Ce qui s'accélère ce n'est pas le temps, c'est ce qui se passe dans le temps. Ce qui s'accélère, c'est notre représentation du monde et cette rapidité nous prive du temps de réflexion et d'analyse nécessaire à la part du vrai et du faut.

Comme le dit Joël de Rosnay, "faisons de notre vie un original, une oeuvre d'Art", pour ne pas succomber à la déflagration collective d'une claustrophobie global et pour ne pas être dupe de la propagande du progrès qui chercherait à nous vendre une accélération de l'histoire. Aujourd'hui, le rythme médiatique, celui des transactions boursières ainsi que les masses d'informations qui nous arrivent font que le monde nous parait de plus en plus complexe. Et quand les choses se compliquent, il faut prendre de la hauteur pour ne pas "vivre et penser comme des porcs" et pour ne pas subir passivement ce qui pourrait devenir un "accident généralisé des connaissances".

Nous diffuserons donc un film documentaire de Stéphane Paoli consacré à Paul Virilio qui pose des questions essentielles à notre rapport au(aux) temps.



Conférence du 4 juillet 2011, organisée par l'agence CURIOUSER en partenariat avec le Social Media Club, les Silicon Maniacs et Knowtex à La Cantine.

Compte-rendu de l'intervention de Patrice Flichy - Chercheur et professeur de sociologie à l'Université de Marne-la-Vallée, membre du LATTS (Laboratoire Techniques Territoire et Société) et co-fondateur de la revue « Réseaux »

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

En guise d'introduction au prochain Repaire qui sera consacré aux luttes syndicales, nous accueillerons un auteur photographe qui exposera ses clichés sur les murs du Guet-apens jusqu'en novembre. Vous pourrez donc rencontrer Loïc Touzet et nous inaugurerons son exposition qui portera sur le thème de la 23 ème rencontre du Repaire berrichon.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

sur le thème de cette rencontre :
- "L'Explosion du journalisme. Des médias de masse à la masse de médias" d'Ignacio Ramonet - Galilé mars 2011
- "Paul Virilio, penser la vitesse" film documentaire de Stéphane Paoli - Arte 2008
- Patrice Flichy : http://www.youtube.com/watch?v=pu2hcVZJLi0
- "Vivre et penser comme des porcs" de Gilles Châtelet - Exils mars 1998

sur le travail de Loïc Touzet :
http://loictouzet.blogspot.com/

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

sur le "Café Repaire berrichon" :
http://caferepaireberrichon.blogspot.com/

sur l'émission "Là bas si j'y suis" :
http://www.la-bas.org/

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
contact Café Repaire berrichon :
Jean Frémiot
09 51 04 07 74
jf@jeanfremiot.fr
http://caferepaireberrichon.blogspot.com/

21ème Café Repaire Berrichon - « Le mouvement Occupons Wall Street est actuellement la chose la plus importante au monde »


En guise de bonus, nous vous invitons à litre ce texte de Naomi Klein. Cette intervention n'est pas sans rapport avec le sujet qui nous occupera lors de cette rencontre du Repaire berrichon de novembre.

Naomi Klein, journaliste canadienne et auteur de La Stratégie du choc, était invitée à s’exprimer par le mouvement Occupy Wall Street, à New York. Selon elle, ce mouvement va durer, car le combat contre le système économique « injuste et hors de contrôle » prendra des années. Objectif : renverser la situation en montrant que les ressources financières existent, qui permettraient de construire une autre société.


Naomi Klein : « Le mouvement Occupons Wall Street est actuellement la chose la plus importante au monde »
J’ai été honorée d’être invitée à parler [le 29 septembre] devant les manifestants d’Occupons Wall Street. La sonorisation ayant été (honteusement) interdite, tout ce que je disais devait être répété par des centaines de personnes, pour que tous entendent (un système de « microphone humain »). Ce que j’ai dit sur la place de la Liberté a donc été très court. Voici la version longue de ce discours [publiée initialement en anglais dans Occupy Wall Street Journal].


Je vous aime.
Et je ne dis pas cela pour que des centaines d’entre vous me répondent en criant « je vous aime ». Même si c’est évidemment un des avantages de ce système de « microphone humain ». Dites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous redisent, encore plus fort.
Hier, un des orateurs du rassemblement syndical a déclaré : « Nous nous sommes trouvés. » Ce sentiment saisit bien la beauté de ce qui se crée ici. Un espace largement ouvert – et une idée si grande qu’elle ne peut être contenue dans aucun endroit – pour tous ceux qui veulent un monde meilleur. Nous en sommes tellement reconnaissants.
S’il y a une chose que je sais, c’est que les 1 % [les plus riches] aiment les crises. Quand les gens sont paniqués et désespérés, que personne ne semble savoir ce qu’il faut faire, c’est le moment idéal pour eux pour faire passer leur liste de vœux, avec leurs politiques pro-entreprises : privatiser l’éducation et la Sécurité sociale, mettre en pièces les services publics, se débarrasser des dernières mesures contraignantes pour les entreprises. Au cœur de la crise, c’est ce qui se passe partout dans le monde.
Et une seule chose peut bloquer cette stratégie. Une grande chose heureusement : les 99 %. Ces 99 % qui descendent dans les rues, de Madison à Madrid, en disant : « Non, nous ne paierons pas pour votre crise. »

Ce slogan est né en Italie en 2008. Il a ricoché en Grèce, en France, en Irlande, pour finalement faire son chemin jusqu’à l’endroit même où la crise a commencé.
« Pourquoi protestent-ils ? » demandent à la télévision les experts déroutés. Pendant ce temps, le reste du monde demande : « Pourquoi avez-vous mis autant de temps ? », « On se demandait quand vous alliez vous manifester ». Et la plupart disent : « Bienvenus ! »
Beaucoup de gens ont établi un parallèle entre Occupy Wall Street et les manifestations « antimondialisation » qui avaient attiré l’attention à Seattle en 1999. C’était la dernière fois qu’un mouvement mondial, dirigé par des jeunes, décentralisé, menait une action visant directement le pouvoir des entreprises. Et je suis fière d’avoir participé à ce que nous appelions alors « le mouvement des mouvements ».
Mais il y a aussi de grandes différences. Nous avions notamment choisi pour cibles des sommets internationaux : l’Organisation mondiale du commerce, le FMI, le G8. Ces sommets sont par nature éphémères, ils ne durent qu’une semaine. Ce qui nous rendait nous aussi éphémères. On apparaissait, on faisait la une des journaux, et puis on disparaissait. Et dans la frénésie d’hyperpatriotisme et de militarisme qui a suivi l’attaque du 11 Septembre, il a été facile de nous balayer complètement, au moins en Amérique du Nord.
Occupy Wall Street, au contraire, s’est choisi une cible fixe. Vous n’avez fixé aucune date limite à votre présence ici. Cela est sage. C’est seulement en restant sur place que des racines peuvent pousser. C’est crucial. C’est un fait de l’ère de l’information : beaucoup trop de mouvements apparaissent comme de belles fleurs et meurent rapidement. Parce qu’ils n’ont pas de racines. Et qu’ils n’ont pas de plan à long terme sur comment se maintenir. Quand les tempêtes arrivent, ils sont emportés.
Être un mouvement horizontal et profondément démocratique est formidable. Et ces principes sont compatibles avec le dur labeur de construction de structures et d’institutions suffisamment robustes pour traverser les tempêtes à venir. Je crois vraiment que c’est ce qui va se passer ici.

Autre chose que ce mouvement fait bien : vous vous êtes engagés à être non-violents. Vous avez refusé de donner aux médias ces images de fenêtres cassées ou de batailles de rue qu’ils attendent si désespérément. Et cette prodigieuse discipline de votre côté implique que c’est la brutalité scandaleuse et injustifiée de la police que l’histoire retiendra. Une brutalité que nous n’avons pas constatée la nuit dernière seulement. Pendant ce temps, le soutien au mouvement grandit de plus en plus. Plus de sagesse.
Mais la principale différence, c’est qu’en 1999 nous prenions le capitalisme au sommet d’un boom économique frénétique. Le chômage était bas, les portefeuilles d’actions enflaient. Les médias étaient fascinés par l’argent facile. À l’époque, on parlait de start-up, pas de fermetures d’entreprises.
Nous avons montré que la dérégulation derrière ce délire a eu un coût. Elle a été préjudiciable aux normes du travail. Elle a été préjudiciable aux normes environnementales. Les entreprises devenaient plus puissantes que les gouvernements, ce qui a été dommageable pour nos démocraties. Mais, pour être honnête avec vous, pendant ces temps de prospérité, attaquer un système économique fondé sur la cupidité a été difficile à faire admettre, au moins dans les pays riches.
Dix ans plus tard, il semble qu’il n’y ait plus de pays riches. Juste un tas de gens riches. Des gens qui se sont enrichis en pillant les biens publics et en épuisant les ressources naturelles dans le monde.
Le fait est qu’aujourd’hui chacun peut voir que le système est profondément injuste et hors de contrôle. La cupidité effrénée a saccagé l’économie mondiale. Et elle saccage aussi la Terre. Nous pillons nos océans, polluons notre eau avec la fracturation hydraulique et le forage en eaux profondes, nous nous tournons vers les sources d’énergie les plus sales de la planète, comme les sables bitumineux en Alberta. Et l’atmosphère ne peut absorber la quantité de carbone que nous émettons, créant un dangereux réchauffement. La nouvelle norme, ce sont les catastrophes en série. Économiques et écologiques.

Tels sont les faits sur le terrain. Ils sont si flagrants, si évidents, qu’il est beaucoup plus facile qu’en 1999 de toucher les gens, et de construire un mouvement rapidement.
Nous savons tous, ou du moins nous sentons, que le monde est à l’envers : nous agissons comme s’il n’y avait pas de limites à ce qui, en réalité, n’est pas renouvelable – les combustibles fossiles et l’espace atmosphérique pour absorber leurs émissions. Et nous agissons comme s’il y avait des limites strictes et inflexibles à ce qui, en réalité, est abondant – les ressources financières pour construire la société dont nous avons besoin.
La tâche de notre époque est de renverser cette situation et de contester cette pénurie artificielle. D’insister sur le fait que nous pouvons nous permettre de construire une société décente et ouverte, tout en respectant les limites réelles de la Terre.
Le changement climatique signifie que nous devons le faire avant une date butoir. Cette fois, notre mouvement ne peut se laisser distraire, diviser, épuiser ou emporter par les événements. Cette fois, nous devons réussir. Et je ne parle pas de réguler les banques et d’augmenter les taxes pour les riches, même si c’est important.
Je parle de changer les valeurs sous-jacentes qui régissent notre société. Il est difficile de résumer cela en une seule revendication, compréhensible par les médias. Et il est difficile également de déterminer comment le faire. Mais le fait que ce soit difficile ne le rend pas moins urgent.
C’est ce qui se passe sur cette place, il me semble. Dans la façon dont vous vous nourrissez ou vous réchauffez les uns les autres, partageant librement les informations et fournissant des soins de santé, des cours de méditation et des formations à « l’empowerment ». La pancarte que je préfère ici, c’est : « Je me soucie de vous. » Dans une culture qui forme les gens à éviter le regard de l’autre et à dire : « Laissez-les mourir », c’est une déclaration profondément radicale.

Quelques réflexions finales. Dans cette grande lutte, voici quelques choses qui ne comptent pas :
Comment nous nous habillons,
Que nous serrions nos poings ou faisions des signes de paix,
Que l’on puisse faire tenir nos rêves d’un monde meilleur dans une phrase-choc pour les médias.
Et voici quelques petites choses qui comptent vraiment :
Notre courage,
Notre sens moral,
Comment nous nous traitons les uns les autres.
Nous avons mené un combat contre les forces économiques et politiques les plus puissantes de la planète. C’est effrayant. Et tandis que ce mouvement grandit sans cesse, cela deviendra plus effrayant encore. Soyez toujours conscients qu’il y a aura la tentation de se tourner vers des cibles plus petites – comme, disons, la personne assise à côté de vous pendant ce rassemblement. Après tout, c’est une bataille qui est plus facile à gagner.
Ne cédons pas à la tentation. Je ne dis pas de ne pas vous faire mutuellement des reproches. Mais cette fois, traitons-nous les uns les autres comme si on prévoyait de travailler ensemble, côte à côte dans les batailles, pour de nombreuses années à venir. Parce que la tâche qui nous attend n’en demandera pas moins.
Considérons ce beau mouvement comme s’il était la chose la plus importante au monde. Parce qu’il l’est. Vraiment.

Naomi Klein, le 6 octobre 2011

Discours publié dans Occupied Wall Street Journal.
A lire : le blog de Naomi Klein (en anglais).
Traduction : Basta !